Temple hellénistique du Ier siècle sur un promontoire basaltique dans les gorges de la rivière Azat, le seul d'architecture gréco-romaine en Arménie.

Emplacement dans le Caucase

Description

Le temple apparaît d'un seul coup au bout de la route, planté à la pointe d'un promontoire triangulaire qui tombe à pic sur trois côtés vers les gorges de la rivière Azat. La pierre basaltique sombre du podium absorbe le soleil du plateau arménien et les colonnes ioniques se découpent contre un ciel presque toujours dégagé. En bas, la rivière coule entre des parois rocheuses taillées en colonnes hexagonales — des formations naturelles qui semblent l'œuvre d'un tailleur de pierre obsessionnel.

Vue du Temple de Garni avec des colonnes ioniques au-dessus des gorges de l'Azat
Le temple sur le promontoire basaltique des gorges de l'Azat

Le site se parcourt en un peu plus d'une heure : le temple à proprement parler, les vestiges d'un bain romain avec des mosaïques de figures marines et les murs d'une forteresse qui se dresse là depuis avant l'ère chrétienne. Ce qui justifie la visite, au-delà de l'architecture, c'est le paysage vertical qui entoure l'ensemble. Les week-ends d'été, des familles arméniennes s'y installent avec des nappes de pique-nique étendues jusqu'au bord des gorges ; en semaine ou hors saison, le silence est presque total et l'on n'entend que le vent entre les colonnes.

Dans le village de Garni, juste avant l'entrée du site, plusieurs restaurants préparent du lavash dans le tonir — le four de terre traditionnel — sous les yeux des clients. L'odeur de pâte cuite sur l'argile chaude s'engouffre par les vitres de la voiture avant de se garer. Un morceau fraîchement fait coûte environ 200-300 drams.

Histoire

Le roi arménien Tiridate Ier fit construire le temple au Ier siècle apr. J.-C., probablement dédié au dieu soleil Mihr. Lorsque l'Arménie se convertit au christianisme au IVe siècle, la plupart des sanctuaires païens furent démolis, mais celui-ci survécut car la famille royale l'utilisait comme résidence d'été. Un tremblement de terre au XVIIe siècle le fit s'effondrer presque entièrement. Les pierres, numérotées depuis la construction originale, permirent une reconstruction archéologique entre 1969 et 1975 à l'époque soviétique. Ce que l'on voit aujourd'hui est une recomposition fidèle, non l'édifice original intact.

Que voir et faire

  • Temple de Mihr Un péristyle de 24 colonnes ioniques sur un podium de basalte gris sombre. Les proportions classiques s'apprécient bien depuis le bas ; les chapiteaux conservent des détails végétaux sculptés avec précision.
  • Bain romain Vestiges d'un complexe thermal jouxtant le temple, avec une mosaïque au sol représentant des figures marines et des divinités aquatiques. La plupart des visiteurs passent sans s'y arrêter.
  • Gorges de l'Azat et Symphonie des Pierres Colonnes de basalte hexagonal sur les parois des gorges, un phénomène géologique visible depuis le promontoire ou en descendant le sentier qui part du parking. La marche aller dure environ 20 minutes.
  • Murs cyclopéens Vestiges d'une fortification entourant le promontoire depuis l'Âge du Fer. Depuis les murs, on a des vues ouvertes sur la vallée et les vergers du village.
  • Village de Garni Petit bourg avec des ateliers de lavash où des démonstrations de cuisson dans le tonir sont organisées. Bon endroit pour manger avant ou après la visite.
Colonnes de basalte hexagonal dans les gorges de la rivière Azat près de Garni
Formations de basalte hexagonal dans les gorges de l'Azat, connues sous le nom de Symphonie des Pierres

Comment s'y rendre

Garni est à 28 km à l'est d'Erevan, environ 40 minutes par la route. Il n'y a pas de transport en commun direct depuis le centre ; les options les plus pratiques sont un taxi (5 000-6 000 drams par trajet) ou une visite partagée depuis la Place de la République. La plupart des voyageurs combinent Garni avec le monastère de Geghard, à seulement 7 km plus à l'est sur la même route.

Meilleure période pour visiter

Le printemps (avril-mai) offre des températures douces et des collines vertes autour des gorges. En été, le promontoire exposé atteint 33 °C et des files d'attente se forment à l'entrée les week-ends. L'automne apporte une lumière dorée et moins de visiteurs. En hiver, il peut neiger, ce qui crée un contraste saisissant avec le basalte sombre ; la route reste ouverte.

Photo : Marcin Konsek · CC BY-SA 4.0