Ruines de Dvin
Դվին
Ancienne capitale arménienne dans la plaine de l'Ararat : remparts, palais et cathédrale fouillés à 35 km au sud d'Erevan.
Emplacement dans le Caucase
Description
Les ruines de Dvin s'étendent sur une colline basse au sud d'Erevan, entourées de champs qui n'annoncent rien de particulier. À l'arrivée, la première sensation est l'étrangeté : des tranchées de fouilles, des murs en adobe et en pierre presque au ras du sol, quelques tronçons de rempart qui ne dépassent pas le mètre cinquante. Il n'y a pas de monumentalité. Il y a de la poussière en été, de la boue en hiver, et le silence discontinu des oiseaux survolant la plaine de l'Ararat. Pour comprendre ce que l'on regarde, il faut un contexte préalable, et cela vaut vraiment la peine de le chercher avant d'y aller.
Le site dispose d'un petit musée in situ avec des panneaux en arménien et en anglais qui aident à s'orienter : ici se trouvait le palais royal, là la cathédrale épiscopale, plus au sud le quartier artisanal. Les fouilles ont mis au jour des céramiques, des monnaies, des objets en bronze et des fragments de mosaïque aujourd'hui conservés au Musée d'Histoire de l'Arménie à Erevan ; le musée du site conserve des répliques et des trouvailles mineures suffisantes pour calibrer l'échelle de ce qu'était la ville.
Il n'y a ni boutiques ni restaurants sur le site ni aux alentours. L'accès est libre ou avec une entrée symbolique. Combiné avec un arrêt au monastère de Khor Virap, à quelques kilomètres plus au sud, la journée se boucle bien : l'Arménie médiévale, le mont Ararat en toile de fond et la plaine qui relie tout.
Histoire
Dvin fut fondée au IVe siècle comme capitale du royaume arménien sous la dynastie arsacide. À son apogée, elle abritait des dizaines de milliers d'habitants et fonctionnait comme un nœud commercial clé entre la Perse, Byzance et le Caucase. Elle continua d'être capitale sous la domination perse sassanide puis sous le califat arabe, qui y maintint un siège administratif aux VIIe et VIIIe siècles. Les tremblements de terre de cette même période endommagèrent gravement la ville, et les pillages successifs finirent par la réduire en décombres. Le siège du Catholicosat arménien fut transféré depuis ici avant que la ville ne soit définitivement abandonnée. Des fouilles archéologiques systématiques débutèrent au XXe siècle et se poursuivent de façon intermittente jusqu'à aujourd'hui.
Que voir et faire
- Remparts de la ville Les tronçons les mieux conservés du périmètre défensif, construits en pierre volcanique et en adobe. Certains secteurs atteignent un mètre cinquante de hauteur et permettent d'imaginer l'étendue de l'enceinte originale.
- Zone du palais royal La zone fouillée correspondant aux résidences des souverains arsacides et des administrateurs arabes ultérieurs. Les fondations laissent voir le plan et l'échelle du bâtiment.
- Vestiges de la cathédrale épiscopale L'abside et une partie du mur sud de l'ancienne cathédrale de Dvin, l'un des premiers grands édifices religieux de l'Arménie chrétienne médiévale.
- Musée in situ Petit bâtiment à l'intérieur du site avec des céramiques, des monnaies et des panneaux explicatifs sur l'histoire de Dvin. Utile pour s'orienter avant de parcourir le site.
- Panorama vers l'Ararat Depuis la colline du site, on voit la plaine de l'Ararat et, par temps clair, le profil du mont Ararat au sud-ouest. La vue fait partie de la valeur du lieu.
Galerie photos



Comment s'y rendre
Dvin se trouve à environ 35 km au sud d'Erevan, près de la ville d'Artashat. Depuis la gare de Kilikia à Erevan, des marshrutkas partent vers Artashat (environ 45 minutes) ; de là on prend un taxi local jusqu'au site. En voiture personnelle, comptez environ 40 minutes par la route sud. La visite se combine bien avec un arrêt au monastère de Khor Virap, à quelques kilomètres plus au sud.
Meilleure période pour visiter
Le printemps (avril-mai) et l'automne (septembre-octobre) sont les meilleures périodes : température agréable et bonne visibilité sur la plaine de l'Ararat. En été, la chaleur dans la plaine est intense — entre 35 et 40 degrés — et il n'y a pas d'ombre sur le site ; si l'on y va en juillet ou août, mieux vaut arriver avant 9 heures du matin. En hiver, les pluies peuvent laisser l'accès en mauvais état, bien que l'Ararat apparaisse plus net les jours froids et dégagés.
Photo : Vardouhie Ghazarian · CC BY-SA 4.0