Parc National de Shirvan
Şirvan Milli Parkı
Steppe semi-aride le long de la mer Caspienne, où vivent les plus grands troupeaux de gazelles du Caucase, des flamants roses et des pélicans dalmates.
Emplacement dans le Caucase
Description
Le Parc National de Shirvan occupe une bande de terre plate et semi-aride entre l'autoroute Bakú-Salyan et la rive occidentale de la mer Caspienne. Il n'y a ni montagne ni ombre : seulement une steppe basse couverte d'arbustes de saxaul et d'absinthe, un horizon qui semble ne jamais finir et une lumière qui à midi aplatit tous les contours. En certains mois, les lagunes peu profondes du bord côtier se teintent de rose pâle par les flamants, et l'odeur de sel et de terre sèche imprègne l'air dès que l'on sort de la voiture.
Ce qui surprend le plus, c'est l'échelle des animaux. Les gazelles des sables (Gazella subgutturosa) se déplacent en groupes de dizaines — parfois des centaines — d'individus sur la plaine ouverte, et se voient parfaitement depuis le véhicule en suivant les pistes de terre du parc. Il n'est pas nécessaire de marcher ni d'attendre longtemps : avec de la patience et un départ matinal, les observations sont presque garanties en hiver et au printemps. Les chacals apparaissent au crépuscule près des lagunes ; les loups sont beaucoup plus furtifs et leur présence est occasionnelle.
L'infrastructure est délibérément simple : une cabine d'entrée avec une tarif symbolique (environ 2 AZN par personne, soit un peu plus de 1 EUR), un petit centre de visiteurs et des pistes de terre praticables pour les voitures avec une bonne garde au sol. Il n'y a pas d'hébergement à l'intérieur du parc. L'entrée principale de Shirvan est signalisée depuis l'autoroute M6 et l'accès est fluide en semaine.
Histoire
La zone de Shirvan reçut sa première protection officielle en 1969, pendant la période soviétique, lorsque le braconnage avait drastiquement réduit les populations de gazelles des sables dans toute la plaine de la Caspienne. Le statut de réserve naturelle permit de contrôler l'accès et de récupérer progressivement les effectifs animaux. Après l'indépendance de l'Azerbaïdjan en 1991, la réserve fut étendue territorialement et reclassifiée en parc national en 2003, intégrant désormais aussi les lagunes côtières à plus grande valeur ornithologique. Les fluctuations du niveau de la mer Caspienne — qui a baissé de plusieurs mètres au cours du XXe siècle et a oscillé depuis — ont à maintes reprises modifié les habitats des oiseaux aquatiques. Aujourd'hui le parc gère des programmes actifs de surveillance contre la chasse illégale, qui persiste dans les zones limitrophes.
Que voir et faire
- Troupeaux de gazelles des sables La Gazella subgutturosa est le symbole du parc. En hiver et au début du printemps, les groupes peuvent dépasser la centaine d'individus se déplaçant en file à travers la steppe ouverte de Shirvan, un spectacle difficile à oublier par son calme et son échelle.
- Lagunes côtières de la Caspienne Les zones humides du bord de la mer Caspienne concentrent des flamants roses, des pélicans dalmates, des spatules et diverses anatidés pendant les migrations de printemps et d'automne. La couleur de l'eau change selon l'heure de la journée.
- Onagres réintroduits Dans des secteurs isolés du parc, des onagres (ânes sauvages asiatiques) ont été réintroduits ; plus craintifs que les gazelles et plus difficiles à localiser, mais présents sur le territoire.
- Postes d'observation ornithologique Plusieurs plateformes surélevées au bord des lagunes permettent d'observer les colonies de nidification sans perturber la dynamique des groupes. Des jumelles sont indispensables.
- Chacals et faune nocturne Au crépuscule, près des rives des lagunes de Shirvan, les chacals sortent régulièrement. Les loups apparaissent sporadiquement aux limites du parc.
Galerie photos
Comment s'y rendre
Le Parc National de Shirvan se trouve à environ 70 km au sud de Bakou par l'autoroute M6 en direction de Salyan ; en voiture ou en taxi, le trajet dure environ 50–60 minutes. Il n'existe pas de transport en commun direct jusqu'à l'entrée. L'option la plus courante est de prendre un taxi depuis Bakou ou de louer un véhicule ; il est recommandé d'en avoir un avec une bonne garde au sol pour les pistes intérieures. Il est facile de le combiner avec Gobustan lors d'une excursion d'une journée complète.
Meilleure période pour visiter
De novembre à mars, c'est la meilleure période pour voir les gazelles : les animaux se concentrent sur la plaine ouverte de Shirvan et la végétation basse facilite la visibilité. Pour les oiseaux aquatiques, les pics migratoires sont en mars-avril et octobre-novembre. En été, le thermomètre dépasse fréquemment les 35 °C ; si l'on visite à cette époque, il est conseillé d'arriver à l'aube. Les pluies hivernales peuvent rendre boueuses certaines pistes de terre.