Musée Sergueï Paradjanov
Սերգեյ Փարաջանովի թանգարան
L'art que Paradjanov créa quand il ne pouvait pas filmer : collages, poupées et objets dans un musée petit et dense à Erevan.
Emplacement dans le Caucase
Description
Le musée occupe une maison de deux étages dans le quartier de Kanaker-Zeytun, dans la partie haute d'Erevan, à une vingtaine de minutes à pied du centre. La rue ne laisse rien présager : immeubles soviétiques, maisons en tuf volcanique, entrée discrète. En franchissant le seuil, le contraste est immédiat et presque physique.
Les salles sont remplies de collages construits avec des chutes de tissu, des photographies découpées, des plumes et des boutons ; des poupées articulées atteignant plusieurs mètres de hauteur ; des chapeaux transformés en sculptures ; des dessins réalisés en prison avec un trait à mi-chemin entre l'illustration et la gravure. La densité visuelle est élevée — chaque vitrine accumule des dizaines de pièces — et il n'est pas nécessaire de connaître le cinéma de Paradjanov pour trouver ce qui est exposé ici fascinant, bien qu'avoir vu ne serait-ce que La couleur de la grenade ajoute des couches de sens à presque tout ce qu'on regarde. Le musée n'est pas grand ; une heure suffit, mais on y reste volontiers plus longtemps.
Le personnel parle arménien et russe ; en anglais, avec des limites. L'entrée coûte environ 1 000 drams. Fermé le mardi.
Histoire
Sergueï Paradjanov est né à Tiflis en 1924 dans une famille arménienne et a développé sa carrière en Union soviétique. Ses films — parmi les plus singuliers du cinéma du XXe siècle — lui ont valu la persécution de l'État : il a été emprisonné à plusieurs reprises sur des accusations fabriquées. Pendant ces périodes, et quand on ne lui permettait pas de filmer, il a produit des milliers d'objets artistiques qui constituent aujourd'hui le noyau du musée. Il est mort à Erevan en 1990. Son neveu Zaven Sargsyan a fondé le musée en 1991 ; il abrite environ deux cents de ces objets et des archives sur ses films.
Que voir et faire
- Collages et assemblages Le cœur de la collection : des pièces construites avec du tissu, des photographies, des plumes et des objets domestiques qui mêlent folklore caucasien, images religieuses et références surréalistes.
- Poupées et figures articulées Personnages construits avec des matériaux de récupération qui renvoient à ses films ; les plus grands sont exposés dans l'escalier et atteignent plusieurs mètres de hauteur.
- Chapeaux décorés Une série de chapeaux transformés en objets sculpturaux, exposés dans des vitrines individuelles avec leur propre éclairage.
- Dessins et aquarelles Travaux sur papier réalisés en grande partie durant ses séjours en prison, avec un trait très personnel entre l'illustration et la gravure.
- Salle des archives cinématographiques Des extraits de ses films et du matériel documentaire dans une petite salle de projection aux horaires irréguliers ; cela vaut la peine de se renseigner à l'arrivée.
Comment s'y rendre
Le musée se trouve rue Dzoragyugh 1, quartier de Kanaker-Zeytun. Depuis le centre (place de la République ou Kentron), un taxi coûte environ 500-700 drams. On peut aussi prendre le métro jusqu'à la station Barekamutyun et marcher une quinzaine de minutes. Depuis l'aéroport de Zvartnots — à environ 12 km du centre — un bus dessert la place de la République, d'où l'on prend un taxi jusqu'au musée.
Meilleure période pour visiter
Ouvert toute l'année sauf le mardi. En tant qu'espace intérieur, la saison a peu d'incidence sur la visite. Au printemps et en automne, Erevan offre le climat le plus agréable pour combiner le musée avec des promenades en ville. En juillet et août, la chaleur dépasse les 36 degrés, mais le musée est climatisé et peu fréquenté. En hiver, il y a moins de visiteurs et le quartier est plus calme.
Photo : Tiia Monto · CC BY-SA 3.0