Monastère arménien du IXe siècle sur basalte noir sur la rive sud-ouest du lac Sevan, sans guichets ni autocars touristiques.

Emplacement dans le Caucase

Description

La sortie depuis la M10 n'a pas de panneau touristique, seulement un chemin secondaire qui monte entre herbe sèche et quelques buissons. À l'arrivée, le premier élément qui se découpe sur l'horizon est la silhouette sombre de l'église Saint-Étienne au-dessus du lac Sevan : des blocs de basalte noir à peine taillés, comme si le bâtiment était un prolongement naturel du promontoire volcanique. À 1 900 mètres d'altitude, le vent souffle presque sans cesse, et les jours clairs l'eau du lac prend un bleu qui contraste avec le noir de la pierre.

En montant les marches vers le gavit, on passe entre des jachkars — des stèles à croix sculptées — couverts de mousse et de lichens orangés. Certains ont leurs reliefs bien conservés ; d'autres se sont peu à peu fondus dans la roche jusqu'à devenir des formes presque abstraites. À l'intérieur du narthex, la lumière entre par des fenêtres étroites et lorsque le soleil frappe en face, elle forme des faisceaux qui traversent l'intérieur en tuf rougeâtre et gris. Le silence est réel : seulement des oiseaux, le vent et, parfois, une voiture qui monte depuis le village de Hayravank.

Il n'y a pas d'entrée payante, pas de boutique, pas de personnel fixe. Par rapport au Sevanavank, qui reçoit des autocars depuis Erevan, cet endroit permet de passer une demi-heure sur les rochers à regarder le lac sans croiser personne. Le terrain est irrégulier et les pierres deviennent glissantes avec le brouillard matinal, il vaut donc mieux porter des chaussures fermées.

Histoire

Le Monastère de Hayravank fut construit au IXe siècle, lors de la renaissance du pouvoir arménien après la domination arabe. L'église Saint-Étienne a un plan en croix avec quatre absides semi-circulaires qui, vues de l'extérieur, se lisent comme des courbes continues — une solution peu habituelle dans l'architecture arménienne de l'époque. Au Xe siècle, une chapelle latérale fut ajoutée. En 1211, deux moines, Hovhannes et Nerses, achevèrent le gavit avec sa coupole octogonale en maçonnerie bicolore — tuf rouge et gris — l'un des premiers exemples de polychromie en pierre qui se généralisa ensuite dans le pays. À quelques mètres au nord-ouest du complexe subsistent les murs d'une fortification antérieure, avec des tronçons remontant à l'Âge du Bronze.

Que voir et faire

  • Église Saint-Étienne (IXe siècle) La structure la plus ancienne. Ses quatre absides rondes sont perceptibles de l'extérieur, et la coupole restaurée dans les années quatre-vingt retrouve en partie ses proportions d'origine. L'intérieur est en pierre nue, sans décoration peinte.
  • Gavit (1211) Le narthex adossé à l'ouest, œuvre des moines Hovhannes et Nerses. Deux colonnes épaisses soutiennent une coupole octogonale en tuf à damier rouge et gris. Un oculus au sommet projette un cercle de lumière sur le sol.
  • Jachkars et cimetière Dispersés autour du complexe. Les jachkars les plus anciens ont leurs reliefs usés par l'eau ; les plus récents présentent des croix très détaillées. Le contraste entre le lichen orange et le basalte sombre est l'un des attraits visuels du site.
  • Vues sur le lac Sevan Depuis l'arrière du monastère, on aperçoit l'étendue du lac Sevan vers l'est et le sud-est. Au coucher du soleil, l'eau passe du bleu intense à des tons métalliques gris.
  • Ruines de la forteresse cyclopéenne À environ cinq minutes à pied au nord-ouest, des restes de murs de l'Âge du Bronze et de l'Âge du Fer attestent que cette rive était habitée bien avant l'arrivée des premiers moines.

Galerie photos

Monastère de Hayravank au-dessus du lac Sevan, vue extérieureGavit du Monastère de Hayravank avec coupole bicoloreJachkars couverts de lichens près du Monastère de HayravankRive sud-ouest du lac Sevan avec le Monastère de Hayravank en arrière-plan

Comment s'y rendre

Le Monastère de Hayravank se trouve à environ 100 km d'Erevan : autoroute M4 jusqu'à Sevan puis la M10 vers le sud en longeant le lac, environ 22 km de plus. Il n'y a pas de transport en commun direct ; l'option habituelle est la voiture personnelle, un taxi depuis Sevan ou une excursion organisée. La visite se combine bien avec le Sevanavank au nord et le cimetière de jachkars de Noratus, à quelques kilomètres au sud-est. Entrée libre, sans horaire fixe.

Meilleure période pour visiter

Mai et juin offrent l'environnement le plus vert et des températures de 15–22 °C. Juillet et août sont plus chauds et venteux ; la zone de plages voisine s'anime, mais Hayravank reste tranquille. Septembre et octobre apportent des tons ocre et moins de monde. En hiver l'accès dépend de l'état de la route et le froid est réel à 1 900 mètres, même si le paysage enneigé a son propre charme.

Photo : Palickap · CC BY-SA 4.0