Région du Grand Caucase géorgien avec des tours médiévales, des villages semi-abandonnés et des itinéraires de trekking en haute montagne.

Emplacement dans le Caucase

Description

Khevsoureïe commence là où la route depuis Tbilissi cesse d'être une route pour devenir une piste de terre, avec la rivière Aragvi qui coule en bas à droite. Passé le village de Barisakho, le paysage change brusquement : les vallées se resserrent, les versants se couvrent de rhododendrons et des villages apparaissent accrochés aux rochers, comme si quelqu'un les avait placés là pour qu'on ne les trouve pas. L'air sent le pâturage mouillé et le bois des cuisines à bois. Aux heures centrales de la journée, le silence n'est rompu que par l'eau entre les pierres.

La région est connue pour ses tours médiévales défensives et pour le costume traditionnel des Khevsoures, qui brodaient des croix sur les manches et la poitrine dans un style qui intrigue les ethnologues depuis des décennies. Beaucoup de villages, comme Mutso ou Anatori, sont semi-abandonnés : leurs habitants sont descendus à Tbilissi au cours du XXe siècle et les maisons de pierre restent vides neuf mois par an. En été, certains reviennent, les bergers montent avec leur bétail et les randonneurs apparaissent avec leurs sacs à dos et leurs bâtons de trekking.

Arriver n'est pas simple : la piste de Barisakho à Shatili, le village le plus visité, présente des tronçons qui nécessitent un quatre-quatre. Il existe quelques guesthouses basiques à Shatili et à Roshka, mais l'infrastructure est minimale. Emporter de la nourriture supplémentaire pour plusieurs jours, une lampe de poche et des vêtements chauds pour les nuits — qui en août peuvent descendre sous les 6 degrés — est prudent, pas facultatif.

Histoire

Les Khevsoures sont un sous-groupe ethnique géorgien qui a habité ces montagnes pendant des siècles dans un isolement relatif, ce qui explique la conservation de coutumes propres et d'un dialecte distinct du géorgien standard. Les tours de Shatili et de Mutso ont été construites entre les IXe et XIIIe siècles pour se défendre contre les incursions venant du nord à travers le Grand Caucase. La région ne fut jamais complètement conquise par les empires perse ou ottoman, en partie en raison de l'inaccessibilité du terrain. L'évacuation forcée des villages à l'époque soviétique a dépeuplé une grande partie du territoire. Aujourd'hui l'UNESCO et diverses organisations géorgiennes travaillent à la conservation des structures de Shatili et à l'enregistrement du patrimoine immatériel khevsoure.

Que voir et faire

  • Village-forteresse de Shatili Ensemble de tours et de maisons en pierre des IXe–XIIIe siècles au bord de la rivière Argun. En été, certains bâtiments restaurés servent d'hébergement basique. C'est le point de départ habituel pour visiter le reste de la région.
  • Mutso Village en ruines à environ 2 000 mètres d'altitude, avec des tours en différents états de conservation. L'accès à pied depuis Shatili prend entre 4 et 5 heures par un chemin de montagne ; l'effort est récompensé par les vues sur les gorges du Mutso-Argun.
  • Itinéraire de trekking Shatili–Juta Traversée de plusieurs jours qui franchit le col d'Atsunta (3 431 m) et relie la Khevsoureïe à la région de Kazbegi. L'un des itinéraires les plus exigeants et les moins fréquentés de Géorgie ; requiert une expérience en haute montagne et des conditions météorologiques stables.
  • Sanctuaires locaux (khati) Les Khevsoures maintiennent des sanctuaires de tradition pagano-chrétienne où les rituels mêlent des éléments des deux traditions. Certains sont ouverts aux visiteurs avec un guide local ; il est obligatoire de respecter les règles d'accès indiquées par le dekanozi (gardien du sanctuaire).
  • Col de Datvisjvari Le col de montagne qui donne accès à la région par le sud, à 2 676 mètres. Il est généralement fermé par la neige entre novembre et mai ; par temps clair, la vue depuis le sommet sur les vallées qui descendent vers le réservoir de Zhinvali récompense l'heure de montée.

Galerie photos

Comment s'y rendre

Depuis Tbilissi, des marshrutkas vont jusqu'à Barisakho (environ 3–4 heures), et de là il faut un quatre-quatre pour continuer jusqu'à Shatili. Plusieurs opérateurs de Tbilissi organisent des excursions de 2–3 jours en 4×4. La route principale d'accès passe par Mtskheta et le réservoir de Zhinvali. En été, il est aussi possible d'arriver à pied depuis Kazbegi en franchissant le col d'Atsunta, mais cet itinéraire nécessite plusieurs jours de marche et une expérience en montagne.

Meilleure période pour visiter

La fenêtre de visite est étroite : de mi-juin à fin septembre. Le col de Datvisjvari ferme avec la neige en automne et ne rouvre pas avant fin mai ou juin selon les années. Juillet et août sont les mois les plus fréquentés ; les températures diurnes avoisinent les 15–22 °C, mais les nuits en altitude descendent à 5–8 °C même en plein été. Aux extrémités de la saison, en mai et octobre, la pluie et la boue peuvent rendre les pistes impraticables même en 4×4.

Plus d'informations