Citadelle ourartienne de 782 av. J.-C. au sud d'Erevan, avec vue sur l'Ararat et musée archéologique au pied de la colline.

Emplacement dans le Caucase

Description

On arrive à Erebuni en traversant des quartiers résidentiels du sud d'Erevan, loin de tout circuit touristique, et la première chose que l'on remarque en montant la colline d'Arin Berd est le silence. Une soixantaine de mètres plus haut, le bruit de la circulation disparaît et il ne reste que des fondations en basalte sombre, des murs reconstruits en tuf volcanique et la plaine sèche de la vallée de l'Ararat qui s'étend à perte de vue. Par temps clair, on distingue à la fois l'Ararat et l'Aragats depuis le même point.

Vue panoramique des ruines de la Forteresse d'Erebuni depuis la colline d'Arin Berd
La colline d'Arin Berd domine la vallée de l'Ararat au sud d'Erevan.

Les ruines ne sont pas monumentales au sens conventionnel : il reste des bases de murs, des tracés de temples et des restes de fresques qu'il faut compléter par l'imagination ou les panneaux d'information disséminés dans le site. La signalisation est un peu délavée, il y a peu d'ombre en été et l'herbe pousse entre les joints des pierres. Ce délabrement donne au lieu un caractère que les sites surexploités ont perdu : ici, on peut rester seul avec des pierres vieilles de près de trois mille ans sans que personne vous presse. Au pied de la colline, le Musée d'Erebuni complète la visite avec des tablettes cunéiformes originales, de la céramique, des casques en bronze et une maquette du complexe à son époque de splendeur.

Histoire

Le roi ourartien Argishti Ier fit construire Erebuni en 782 av. J.-C. comme place forte à la frontière nord de son royaume, qui s'étendait du lac de Van au lac Sévan. La forteresse servait de résidence royale, de centre religieux avec un temple dédié au dieu Haldi et de garnison pour environ six mille soldats. Les rois Sarduri II et Rusa Ier l'utilisèrent ensuite comme base de campagne. Lorsque l'État ourartien s'effondra au VIe siècle av. J.-C., le site passa sous contrôle achéménide mais ne fut jamais complètement abandonné : c'est de cette continuité qu'est née avec le temps Erevan, dont le nom dérive précisément d'Erebuni.

Inscription cunéiforme de la Forteresse d'Erebuni, acte fondateur d'Erevan
L'inscription cunéiforme d'Argishti Ier, gravée dans la pierre en 782 av. J.-C.

Que voir et faire

  • Inscription cunéiforme fondatrice Gravée sur ordre d'Argishti Ier, c'est le document qui enregistre la fondation de ce qui deviendrait Erevan. Elle se trouve dans la partie haute de la citadelle, protégée par un panneau de verre.
  • Temple du dieu Haldi Les fondations et des fragments de fresques avec des processions de dieux et des arbres de vie sont conservés, suffisants pour imaginer la décoration originale.
  • Murs de basalte et de tuf La combinaison de pierre noire volcanique à la base et de tuf rougeâtre dans les murs reconstruits est l'élément le plus photographique du site, surtout avec la lumière de l'après-midi.
  • Musée d'Erebuni Au pied de la colline. Il abrite 23 tablettes cunéiformes originales, de grandes jarres de stockage, des casques en bronze et des bijoux. Petit mais dense ; une heure suffit.
  • Belvédère sur l'Ararat Du sommet d'Arin Berd, on a l'une des meilleures perspectives sur l'Ararat depuis Erevan, avec la ville étalée au premier plan et les sommets enneigés en arrière-plan.

Comment s'y rendre

La forteresse se trouve dans le quartier d'Erebuni, au sud-est d'Erevan. Le trolleybus numéro 2 depuis la station de métro Zoravar Andranik va jusqu'à l'entrée même et est l'option la moins chère. En taxi ou Yandex Go depuis le centre, comptez environ 15 minutes pour un trajet de 1 000 à 1 500 drams. L'entrée conjointe au musée et aux ruines coûte environ 1 500 drams (environ 4 USD) ; les visites guidées en anglais ou en russe coûtent environ 4 500 drams supplémentaires.

Meilleure période pour visiter

D'avril à juin, la température est agréable et la colline garde un peu de verdure. En juillet et août, la chaleur monte à 35-36 degrés et il n'y a pas d'ombre en haut, donc il vaut mieux y aller tôt le matin ou en fin d'après-midi. Septembre et octobre offrent une bonne lumière et moins de chaleur. En hiver, le site est ouvert, mais le vent au sommet peut être cinglant et la visibilité de l'Ararat dépend de la clarté du ciel.

Photo : Meral Oral · Pexels License