Forteresse médiévale de Nakhitchevan perchée sur un éperon volcanique à 1 800 m, avec des ruines de tours et des vues sur la vallée de l'Araxe.

Emplacement dans le Caucase

Description

La Forteresse d'Alinja occupe le sommet d'un éperon de basalte sombre qui s'élève presque verticalement au-dessus du paysage semi-aride au sud de Nakhitchevan. La voir depuis le village d'Alinjaçay dit tout : trois de ses flancs sont des parois rocheuses à pic, et le seul chemin praticable grimpe par une crête étroite côté nord. Cette géométrie naturelle explique pourquoi personne ne l'a facilement conquise pendant des siècles.

La montée prend entre quarante-cinq minutes et une heure et demie selon le rythme. Le chemin n'est pas balisé et en haute altitude la roche volcanique peut être instable ou glissante après la pluie. En haut, les ruines se déploient sur plusieurs niveaux : des pans de mur encore debout sur plusieurs mètres à côté d'autres réduits à des amas de moellons ; les tours de l'enceinte principale en pierre sombre et poreuse caractéristique du site ; des citernes creusées dans la roche où s'accumulait l'eau de pluie pour soutenir les sièges. Il n'y a aucune infrastructure sur la montagne ni près du point de départ.

Du point culminant, la vue embrasse la vallée de l'Araxe, les crêtes qui marquent la frontière avec l'Arménie à l'ouest et, par temps clair, la silhouette inimitable de l'Ararat découpée au nord. Au printemps, quelque végétation anime les parties intermédiaires de la montée ; en été le soleil sur la roche noire accumule une chaleur que l'on ressent dès les premiers mètres. Emportez plus d'eau que vous ne pensez en avoir besoin et des chaussures à semelle de trekking.

Histoire

La Forteresse d'Alinja fut le siège des Eldiguzides, la dynastie qui gouverna l'émirat de Nakhitchevan au XIIe siècle, tirant parti de sa position dominante sur les routes reliant l'Anatolie, la Perse et le Caucase. Lorsque les Mongols balayèrent la région au XIIIe siècle, Alinja fut le dernier bastion du royaume : selon les chroniques médiévales, la forteresse résista à un siège de quatorze ans avant de tomber, une résistance qui témoigne à la fois de la solidité de ses murailles et du système de citernes qui garantissait l'eau. Après sa reddition définitive au XIVe siècle, elle perdit progressivement sa fonction militaire et tomba dans l'abandon que ses ruines reflètent aujourd'hui.

Que voir et faire

  • Tours de l'enceinte principale Les murs les mieux conservés de la forteresse, construits en pierres de taille de basalte volcanique sombre. Certains tronçons dépassent quatre mètres de hauteur et permettent d'apprécier l'épaisseur d'origine des murailles.
  • Citernes médiévales Bassins taillés directement dans la roche mère pour recueillir l'eau de pluie. Ils furent la clé qui permit de résister au long siège mongol du XIIIe siècle.
  • Belvédère sur la vallée de l'Araxe Du sommet de l'éperon, l'Araxe apparaît en contrebas comme un ruban argenté entre des champs cultivés. Au loin se distinguent les montagnes arméniennes et, par temps clair, l'Ararat.
  • Itinéraire de montée depuis Alinjaçay Le chemin depuis le village d'Alinjaçay offre des perspectives progressives sur l'éperon et traverse des zones de garrigue basse. La partie médiane a une pente modérée ; le tronçon final est plus abrupt et demande de l'attention pour l'appui des pieds.
  • Panorama vers l'Iran Du flanc sud du sommet s'ouvre une vue sur les montagnes qui marquent la frontière entre Nakhitchevan et l'Iran, avec un paysage de tons ocre et gris qui change complètement de couleur selon l'heure du jour.

Galerie photos

Comment s'y rendre

La Forteresse d'Alinja se trouve à environ 18 km à l'est de la ville de Nakhitchevan. Depuis la capitale, il faut prendre la route vers Culfa et dévier vers le village d'Alinjaçay, où commence le chemin de montée. Il n'existe pas de transport en commun direct ; l'option la plus pratique est un taxi depuis Nakhitchevan. L'Aéroport International de Nakhitchevan assure des vols depuis Bakou et plusieurs villes turques.

Meilleure période pour visiter

Le printemps (avril-mai) et l'automne (septembre-octobre) sont les meilleures saisons pour monter à la Forteresse d'Alinja : températures entre 15 et 25 degrés, sans la chaleur que la roche noire accumule en juillet et août ni le risque de verglas hivernal. En hiver, l'éperon peut se couvrir de glace et la montée devient dangereuse sans crampons. Les matinées de printemps offrent la meilleure visibilité sur l'Ararat.

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